La mode dans tous ses états
Ce petit monde de la mode
Je ne vais pas m’attarder sur toutes les modes, il y en a tant ! Je n’en retiens que deux pour le moment.
- Le parler : il y a la mode du « en fait » placé dans une phrase, ça passe. En ce moment, certains arrivent à placer cette expression cinq fois dans une seule phrase de quinze secondes. Il faut le faire. Cet exploit a été réalisé par un candidat à un jeu télévisé.
Il y a quelques années on entendait également « ch’te frais dire ». Mais çà c’est amusant.
J’allais oublier le « tout à fait », ce suppositoire linguistique, qui s’introduit en guise de réponse, coupant court à toute explication nécessitant la construction d’une phrase correcte.
- Le vestimentaire : les créateurs de « mode » voudraient que chacun se vêtisse selon ses extravagants caprices du moment.
Il y a une cinquantaine d’années, Robert Lamoureux était descendu dans la salle de spectacle et s’approchant d’une spectatrice, il lui a dit « Elle est belle votre robe. Ma mère a la même. Vous aussi vous l’avez faite dans un rideau ? ».
Chacun s’habille comme il veut et surtout comme il peut. La mode est et restera intemporelle. Elle se renouvelle par cycles irréguliers. Il suffit que la précédente tombe dans l’oubli pour que la suivante soit la résurrection d’une ancienne. Bien des créateurs de mode, à court d’idée font n’importe quoi !
Il y en a même un qui a habillé ses squelettes avec de la tôle. Eh ! Miguel de Cervantès, avec ta mule tu as fait une émule ! Et ton sang chaud pensa, pourquoi ne pas habiller mes squelettes anorexiques avec de la ferraille, une armure en guise de colonne vertébrale ?
Quelques uns voudraient que l’on s’habille avec des chiffons de luxe, mais chiffons tout de même, dont ils habillent leurs sacs d’os tristes et artificiellement enlaidis.
Je précise bien enlaidis, puisqu’elles ne sont pas souvent maquillées avec goût.
Pour moi, le plus beau des maquillages est celui qui met en avantage le visage féminin, sans que l’on puisse deviner la supercherie.
Reviendrait-on à la mode des orgies romaines avec des femmes peinturlurées à outrance ?
Les traits majeurs du visage de ces mannequins, soulignés à l’excès, leur donnent l’apparence d’un clown gothique.
Ces mannequins marchent à grandes enjambées inesthétiques sur une poutre invisible, en claquant bien du pied, pour écraser le cafard qui les habite.
La marche à grandes enjambées n’a jamais mis la silhouette féminine en valeur, surtout avec des escarpins à talons hauts. J’admets ces pas de juments dans les courses de haies, mais là, c’est nécessaire. Elles sont en short et il faut faire vite pour arriver en tête.
J’ai entendu récemment à la télé que la mode masculine a une nouvelle "tendance", mot à la mode. Les pantalons masculins devraient être plus courts... cette année ! Quelle innovation ces créateurs maniérés et souvent mal inspirés croient-ils avoir trouvée ?
Que nenni, dans le sud de la France après chaque débordement du Gardon en saison des pluies, tous les hommes qui sortent des crues se retrouvent avec les bénards à mi mollets, comme les œufs.
De ce côté là, ce n'est pas une invention parisienne ni une création, c'est copié sur le résultat des crues, qui l'eut cru ?
Et les squelettes femelles qui défilent en tirant une gueule pas possible, ne feraient-ils pas mieux d'arborer ne serait-ce qu'un léger sourire.
Il paraît que ces jeunes femmes doivent défiler ainsi, en ayant l’air triste avec des pas saccadés qui désavantagent la silhouette féminine. Le sourire étant un atout de vente, je n'aurais pas envie d'acheter à quelqu'un qui ferait la gueule.
En tout cas les futures acheteuses ne marcheront jamais comme ça, attifées avec ces chiffons annonciateurs d'une mode décadente, dont les snobs et les bobos sont avides.
Sous les ponts, il y en a qui précèdent la mode future. Et quand ceux là écrasent un cafard c’est qu’il y en a un qui rôde.
A force d'innover, la mode de luxe se perd dans l'imagination de sacs déchirés, qui se révèlent bien pratiques pour les mains baladeuses.
Il y a aussi les constructions gonflées, très utiles dans le métro aux heures de pointe, pour se faire de la place.
En considérant que la plupart des futures clientes pèsent presque deux fois le poids d'un mannequin squelettique, il faudra doubler le métrage, pour y faire entrer les mamelles et les hanches qui vont avec.
En prime, les couturiers devraient offrir gracieusement un chausse pieds pour faire entrer tout ce qui déborde.
Quand verra-t-on des défilés de femmes dignes de ce nom. Munies de formes légèrement arrondies là où il faut, précédées de "seins bols" et suivies d’assises représentatives de la femme en pleine santé qui reflétera la joie de vivre et donnera l’envie d’acheter ?
Alors que là, t’as même pas envie de toucher, de peur que ça casse ou d’être mordu !
Le string fait aussi parti d'une mode éphémère, bien qu’étant copié sur un besoin remontant à nos ancêtres primitifs. Il a maintenant une utilité auditive efficace.
C’est un parapet sonore. Bien placé entre les deux fesses, il sert d’entretoise et empêche les vibrations sonores que l’on connaît. Cependant son effet a ses limites, l’odeur est là. Les pantalons taille basse servent de pots d’échappements. Ils sont faits exprès, sous ce prétexte les créateurs font une économie de tissus.
Je ne cherche pas non plus à connaître le nom de celui ou de celle qui a dessiné les couvre-chefs bleus, en tissus souple et visière des gendarmes mobiles, vendue 24 €.
Si cette andouille de modiste a cherché à leur faire une tête de guignol, il y est parvenu. Dernièrement, je me suis acheté une casquette, esthétiquement supérieure. Je ne l’ai payée que 3 € (TTC). Soit huit fois moins cher. Où sont les décideurs Bac plus, qui s’en mettent plein les poches au passage ?
Honte à eux de se moquer de la gendarmerie à ce prix.