Les vacances traditionnelles des français
Certains vacanciers font du camping parfumé à la bergamote. Huilés des pieds à la tête et rouges de la tête aux pieds. Ce sont les peaux rouges européens.
Ceux-là, le soir, se grillent la merguez au barbe-cul (je préfère l’écrire ainsi). Ils attisent le feu avec les restes d’un play-boy, rarement avec un Géographia ou un Historia, pour faire des signaux de fumée aux autres indiens, qui accourent à la file indienne en sortant des «tantes» voisines.
C’est l’heure du pastis à l’eau tiède, vu que personne n’a des glaçons. Beurk !
Les soirées sont identiques. Ils se trémoussent avec une plume dans le fion et des grigris achetés sur la plage. Ça leur plaît ce mode de vie, pour eux c’est la détente, qui répare l’orgasme gâché par les moustiques qui viennent piquer là où il faut, juste quand il ne faut pas !
Ou inversement, c’est selon les souvenirs.
Le soir, en se tortillant pendant la traditionnelle danse des canards, ils veulent perdre la graisse empiffrée des grillades, mais la fixent avec deux litres de sangria, qu’ils distillent pour ronfler plus fort que leurs voisins belges, qui n’en sont qu’à leur dix-septième bière de la soirée (une fois) et n’ont pas encore sommeil, bien que le roulis commence à se faire sentir.
Les gens des villes vivent serrés comme ça, en vacances, chez eux comme au travail et même sur les autoroutes du retour.
Trois semaines après ce bronzage olfactif et souvent artificiel, fatigués, ils remballent tout et font de leur mieux pour rester plantés au milieu de l’autoroute pendant neuf cents kilomètres. Après avoir barboté ensemble dans la mer, ils s'engueulent sur l'autoroute.
Il semblerait que les moniteurs d’auto-école leur aient appris à conduire ainsi, à voir le résultat ! Il faut refaire la formation des moniteurs qui oublient de leur apprendre qu’il est obligatoire de rouler à droite.
Une autoroute n’étant pas le périphérique parisien. On doit céder le passage à ceux qui sont déjà sur l'autoroute.
Comme il est interdit de doubler à droite, il ne faut plus construire des autoroutes à trois ou quatre voies. Ca ne sert plus à rien puisque si l’on double à droite, il y aura souvent un coléoptère pour aller te dénoncer.
Comme à l’aller ils se scotchent au milieu ou à gauche pour gêner tout le monde.
Ils montent à Paris, leur fief aux fientes de pigeons et comme l’a dit le célèbre professeur Shoutoku, septième dent connu dans mon dentier : « quant on vient du sud et qu’on va vers le nord, on a le sudoku ».
Je l’ai enfin casée, cette preuve par neuf !
Il n’y a pas que les parisiens qui restent sur la voie du milieu, il y a aussi les banlieusards qui se prétendent parisiens puisqu’ils y travaillent. Alors que les parisiens vont travailler en banlieue pour prendre l’air frais des cheminées d’incinérateurs, qui brûlent leurs propres déchets prélevés la veille ou la nuit dans leurs poubelles.
Arrivés chez eux, fatigués des vacances et de la route parcourue, résignés, ils repartent au boulot en se levant à cinq heures pour rentrer tard le soir.
Ils travaillent moins grâce aux trente-cinq heures, veulent être payés plus. Mais qu’est-ce qu’ils passent comme temps à ne rien faire de rentable, entre les transports, les pauses-café, la rédaction des mails privés autorisés pendant les heures de travail. Sans oublier la pause-pipi, la pause- cigarettes, la pause-rouge à lèvre, la pause-tampons qui ne concerne pas les mêmes lèvres, ni la fameuse et très répandue pause «gastro».
Cette nouvelle chiasse à courre qui élargi le trou des infectés et surtout celui de la Sécu. Alors que l’eau de riz parfumée au thym ne coûte pas une thune et ne donne pas droit aux arrêts de travail tant redoutés par les employeurs.
Le thym a la propriété de tempérer les troubles gastriques de ce genre. Je l’ai appris ici.
Cependant, pour que ce soit efficace, il faut boire cette infusion, dès les premiers symptômes.
Je préfère marcher ici dans ma campagne, celle qui m’a adopté. Où il est facile d’éviter les bouses des vaches, vu que ce sont maintenant des pizzas aux épinards qui se remarquent de loin.
Bientôt « Bruxelles » pourrait obliger les fabriquants de croquettes pour bovins, (appelées astucieusement des aliments de complément) à y ajouter une matière fluo.
Ces pizzas bovines se verront de loin. Les croquettes des chiens parisiens devraient en être également imprégnées. Ces étrons aux couleurs vives serviraient de balises pour les slaloms des planches à roulettes et autres rollers.
Il doit y avoir, dans les bureaux des décideurs européens, des Bacs plus qui n’ont jamais vu d’autres vaches de leur vie, que leurs femmes. Celles-là s’empiffrent le matin au petit déjeuner, de granulés promus par la télévision et elles conservent les seins roses.
Alors ces bureaucrates encéphalétiquement (adverbe de mon invention) anémiés, estiment légitime d’étendre ce type de repas à nos vaches, qui elles, ont également les pis roses.
Malheureusement, tout comme leurs femmes, certaines vaches en sont devenues folles et ne bousent plus comme avant. Les galettes solides sous lesquelles nous prélevions, étant enfants, les asticots pour aller à la pêche, ne sont plus que des flaques verdâtres et inutilisables. Les mouches viennent s’y ravitailler et non plus y pondre.
La vache ne sent pas mauvais, c’est le purin et le lisier qui ont une odeur épouvantable, depuis que Bruxelles décide de ce que doivent manger les animaux.
On met plus de temps à Paris pour parcourir cinq cents mètres, qu’ici pour faire vingt kilomètres.
L’air des encombrements est moins agréable à respirer que le nôtre. Et quand je nomme Paris, cela concerne tous les centres urbanisés jalonnés d’interdictions diverses, souvent contradictoires. Ici pas besoin de couloirs de bus, il n’y a pas de bus en dehors de ceux des ramassages scolaires.
Ici toutes les rues sont à double sens, les emplacements de stationnements ne manquent pas.
Cependant je rends à César ce qui lui appartient. Les parisiens au volant sont les rois, de quoi je n’en sais rien, mais ils le sont. Pour la simple raison que faire autant de conneries au volant dans Paris et avoir aussi peu d’accro-chages, relève d’une insolente témérité. Par opposition, quand ils viennent chez nous, ils ne savent plus conduire correctement. Tous ne sont pas comme cela heureusement.
Ici, il y a plus de soleil qu’à Paris et aucune pollution. On bronze naturellement, sans le faire exprès et gratuitement.
À Paris les séances de sarcophage lumineux donnent l’appât rance permanent d’un plagiste et font rougir les cartes bleues .
Ici on termine d’user nos fringues avant d’aller en acheter inutilement d’autres. A quoi cela me servirait-il d’avoir trente pantalons dans la penderie. Je n’en mets jamais qu’un seul à la fois. En avoir deux paires de rechange suffit largement.
Il est vrai qu’ici la gastro est moins répandue. On mange plus sainement et les coqs à crêtes bien droites on les baigne dans le vin rouge avant de les faire bronzer dans la cocotte.
Pour résumer et en réponse aux intervenants à tronches de premiers de la classe, je préfère l’air d’ici qui est encore à peu près pur, alors que le leur est gris et certains jours, jaunâtre. Côté confort nous sommes mieux lotis que les parisiens.
L’isolement ? nous ne connaissons pas. Nous ne sommes qu’à quelques minutes des supermarchés et en y allant on ne respire que de l’air pur, tout en observant les herbages, les pins. Nous ralentissons pour laisser trottiner un écureuil ou un vol de geai en rase motte.
Pour les urgences médicales il y a l’hélicoptère qui circule tout de même plus rapidement qu’une ambulance prise dans les encombrements urbains.
Ici pas de charges de copropriétés, pas de syndics coûteux et dont certains passent pour des escrocs, puisque de nombreux copropriétaires mécontents le prétendent.
Ici on entretient sa maison selon l’urgence avec les moyens du moment. Pour économiser le chauffage central on passe des journées à s’entraider entre voisins, pour la coupe et le stockage du bois pour l’hiver. Ça fait de l’exercice gratuit et utile pour le corps, ça ne coûte rien et c’est en plein air.
De plus, le bois est une énergie rapidement renouvelable. Et quel émerveillement pour les yeux, est celui du ballet permanent, formé par les flammes s’échappant des bûches. Quel plaisir pour l’ouï que d’entendre le travail du bois meurtri par le feu.
Ici, les promenades, à pieds ou en VTT, sont nombreuses, donc variées. Les véhicules quatre-quatre ne servent pas à accompagner les enfants à l’école, ils sont utiles, voire nécessaires l’hiver, sur la neige.
Bien que vivants sur les plateaux, nous sommes la France d’en bas. Et ici, la santé est au bout du chemin.