Le temps des vacances (d'une enfance érotique)
Chapitre V
(extrait des Réquisitoires d'un Bac moins cinq)
Le temps des vacances
Le temps des vacances commence chaque année quand il n'y a plus de cerises. Ma mère me confiait à mes aînés une année sur deux. Donc j'allais soit en Bretagne, voir si les éleveurs de porcs se méfiaient toujours de la pointe du groin et l'année suivante j'étais envoyé en colonie avec une lingerie étiquetée à mon nom.
La dernière colo où je suis allé m'a laissé un souvenir impérissable, qui une fois de plus, devait marquer ma vie de pré ado, puisque je n’avais que onze ans. Cette été-là, le fer rose est passé au rouge pourpre.
Nous étions dans une sorte de château à quelques heures de Paris, logés dans des chambres de quatre ou de six, selon la dimension des chambres. Les filles dans une aile du château (donc une aile de raies) où logeaient quelques thons et les garçons ces grands couillons dans l'autre aile. Il n'y avait donc pas de dortoirs.
Les monitrices et moniteurs avaient chacun une chambre située dans la partie centrale. Il devait leur arriver de se tromper de porte...
Les journées de colo se déroulaient identiques les unes aux autres. Les jeux, toujours les mêmes, les promenades sur les routes, encouragées par l'éternel "un kilomètre à pieds, ça use, ça use" etc. La sieste obligatoire tous les après midi. Les goûters de pain, de miel, de confiture. Le dimanche nous avions droit à du soda.
Nous n’étions pas malheureux, mais chaque année de colo c’était la même chose, les mêmes goûters, les mêmes jeux. Cette année-là commença comme les autres, mais ne se termina pas comme les autres. Cette année-là…
...Le soir, une fois couchés, notre moniteur venait fréquemment discuter avec nous dans la chambre. Nous parlions de ce qui s'était passé dans la journée et de ce que nous devions faire le lendemain. Il demandait notre avis sur des jeux à prévoir et s'intéressait aussi à la vie de chacun de nous. Il ne parlait jamais à haute voix pour laisser s'endormir ceux qui tombaient de sommeil. Souvent j'étais le seul à rester éveillé tard. J'ai toujours eu des difficultés à m'endormir tôt, donc ce n'était pas une corvée pour moi.
Peu de temps avant la fin de cette colo, il vint plus tard que d'habitude avec une monitrice, une fille de son âge, à la chevelure frisée de la couleur du foin. Donc une vieille d’au moins vingt cinq ans, qu'il mêlait à nos discussions amicales.
Ils connaissaient mon parcours d'enfant de divorcés, ce qui n'était pas courant à l'époque. Par vantardise, je leurs avais raconté les principales caches que mon père m'avait faites suivre chez la vieille au drap javellisé. (Lire les gènes d'Eugène). J'avais donc parlé des demoiselles si câlines. Puis le séjour chez ma grande tante au chapelet usé. Tenant la promesse faite au missionnaire, je n'ai pas parlé de lui. Je me moquais du pêché mortel annoncé, mais une promesse c'est une promesse et je la tins.
Un soir, après avoir fait plus ample connaissance, la monitrice s'est levée, me fit une bise sur le front et sortit sur la pointe des pieds. La fenêtre n'ayant pas de volet, lorsqu’elle est passée devant, une lueur suffisante me permettait de voir son sourire, grâce à une pleine lune prometteuse de clarté visionnaire sur son profil, de la proue à la poupe. Dans la journée, elle s’occupait des filles. Je n’avais donc pas remarqué cette découpe d’ombre chinoise. Une vision nouvelle du personnage.
Après le départ de l’ombre chinoise, le moniteur s’assura que tous les autres dormaient et me demanda toujours à voix basse, si ma mère m'avait déjà parlé de la sexualité chez le garçon et de celle des filles.
Ma réponse fut négative ce qui était vrai, mais mon intérêt sur la chose et mes récits précédents le rassurèrent sans doute puisqu'il me promit d'en parler avec sa copine la monitrice, en lui demandant si elle accepterait de l'aider pour aborder ce problème d'information éducative qui devait la concerner également pour les questions féminines.
Ces informations sur la sexualité étant normalement transmises par les parents aux enfants, à défaut de parents ils feraient de leur mieux pour y remédier à eux deux. Un peu comme des aînés qui remplacent les parents.
L'échéance de la fin toute proche de la colonie était pour eux le moment idéal de mêler à leurs jeux érotiques, dé-couverts sans doute pendant ces vacances, un garçonnet avec un tel passé. Le lendemain, la journée se déroula normalement.
Le soir, avant de monter nous coucher, le moniteur que je vais appeler ici Michel, me prévint que sa copine que je vais appeler Monique, avait accepté de lui apporter une aide dans ses explications et qu'il viendrait me chercher quand les autres dormiraient.
Puisque mes camarades de chambrée avaient tous des parents "normaux" pour l'époque, il n'était donc pas envisageable de faire un cours collectif. Je compris bien plus tard qu’à cette époque les parents n'osaient pas parler de sexe à leurs enfants. Eux mêmes l’ayant appris "sur le tas" si je puis dire. Que tous les tas m’excusent s’ils se sentent impliqués.
Le SIDA n'existait pas encore, il n'y avait donc pas d'urgence et leur progéniture ferait comme eux. Le système " D " étant universel. De plus je crois bien que certains parents, encore aujourd'hui, se sentent incapables d'aborder ce sujet. L'atavisme perdure, ce n’est pas de l’incompétence. Comment en parler à ses enfants, quand on ne sait pas par quel bout aborder la question, sans passer pour une prune ?
Maintenant nos gosses en savent autant que nous. S’ils ne savent pas quels sont les moyens ni quels sont les dangers, la télévision se charge de les informer par des téléfilms éducatifs, réalisés par des cerveaux lents dans le vent.
Dans cette colonie, j'en avais déjà appris sur la forme extérieure du sexe des filles qui acceptaient de baisser leur culotte pour me montrer leur anatomie, en échange de leur offrir une vision de la mienne. C'était un troc coquin. Il nous arrivait même de monter sur les arbres à l'abri du feuillage, pour échapper à d'éventuels curieux, cafteurs.
J'ai ainsi remarqué que les filles qui me paraissaient alors les moins belles, étaient les plus démonstratives et les moins sainte-nitouche en matière de touche pipi. Ceux-ci se limitaient à de timides découvertes visuelles et très peu manuelles. Sans doute mes copines étaient-elles les moins convoitées par mes camarades qui perdaient leur temps à charmer les plus belles, souvent pimbêches, allumeuses, donc inaccessibles.
Nous allions aussi commettre nos amusements sous un énorme noisetier qui pleurnichait ses branches basses vers la petite rivière contournant le château. Nous étions cachés sous ses abondantes petites feuilles rondes. Cet après midi-là, j’y étais avec deux copines, nos échanges de points de vue ont été suspendus par l’arrivée d’une monitrice. L’ayant entendu venir, nous avons fait semblant de dormir, puisque c’était l’heure de la sieste. Cette brave monitrice n’a rien trouvé de mieux que de nous dire : " Vous n’êtes pas raisonnables, cette rivière est dangereuse. Je vous interdis de revenir dormir au bord d’elle ".
En réalité cette phrase était dite différemment, mais les mots, placés dans cet ordre, m'amusent.
Le soir du rendez-vous avec les monos, je n'avais pas envie de dormir. Je me demandais comment ils allaient s'y prendre. Je retournais mille suppositions pimentées dans ma tête, lorsque la porte s'ouvrit doucement et Michel s'approcha de mon lit. Après s'être assuré que tout le monde dormait profondément, en chuchotant il me demanda de le suivre en silence.
Une lumière tamisée filtrait sous la porte d’une chambre. Nous étions attendus. Que les pudibonds sautent ce qui suit et ne reprennent la lecture qu’à la page 130.
Il me fit entrer le premier et referma la porte derrière lui. Silencieusement il fit glisser le loquet, disant ne pas vouloir être dérangé. La petite lampe de chevet était recouverte d'un " Nous deux ", ouvert comme le toit d'une maison de sorte que la pièce était dans la pénombre. Il plaça même une couverture roulée au seuil de la porte pour éviter toute détection lumineuse de l'extérieur. La leçon de " choses " allait commencer dans une demi-pénombre.
Monique était couchée sur le lit, tournée vers le mur. Ce lit n’était que d’une place. Elle devait faire semblant de dormir. Michel me fit asseoir au pied du lit et s'assit lui-même à côté de Monique qu'il secoua doucement par l'épaule. Elle se tourna vers lui avec un sourire de fausse endormie, semblant ignorer ma présence. Il lui murmura " je suis allé le chercher, il est là au pied du lit ". Elle tricha la surprise en m'adressant son sourire de la veille.
Je ne trouvais pas cette jeune femme très belle, bien qu'elle ne fût pas laide. Mais son sourire dégageait une sensualité que je n'avais pas remarquée jusqu'à ce fameux soir. Il me semblait pourtant avoir déjà vu cette bouche quelque part. Sans doute sur une photo de magasine de mode, que ma mère feuilletait, les sourcils levés. Ce qui chez elle était un signe d'intérêt.
Je devinais son corps potelé sous le drap qui démarquait nettement l'emplacement de sa poitrine de " jeune vieille ". Quand elle s'est relevée sur le coude je vis qu'elle portait une chemise de nuit plus épaisse que celles que portait ma mère. Michel était en pyjama. Il me dit on va y aller par étapes successives. Tout d'abord je m'aperçois que tu sais ce qu'est une érection.
Évidemment, mon pyjama trahissait l'effet que me produisait la vision de cette jeune femme allongée. Je mis bien vite mes mains sur mon entre jambe, ce qui les fit sourire. Si je ne savais pas comment ils allaient s'y prendre, je l'appris.
Michel m'annonça qu'en premier lieu il me fallait bien connaître mon propre corps de garçon. Il se proposa d'enlever lui-même son pyjama en premier à la suite de quoi, j'enlèverai le mien. Ainsi je verrai bien que nous sommes tous fait identiquement.
Ils sentirent ma gêne et Monique vint à son secours en me disant que je n'avais pas à avoir de crainte et proposa même de se cacher les yeux pendant que je m'exécuterais.
Michel enleva son pyjama et se rassit. Je devais m'exécuter à mon tour. Je le fis donc. Toujours en érection je me suis assis avec les mains croisées sur les cuisses, pour cacher la traîtrise de cet encombrement spontané. Michel ne semblait pas être en érection.
Je n'osais pas les regarder, je me sentais très troublé par cette situation insolite, à laquelle ils semblaient prendre un certain plaisir.
Il commença donc l'énumération homologuée, quoique rudimentaire des attributs masculins, en précisant que l'érection de l'homme permettait d'introduire dans le ventre de la future maman une semence liquide contenant des spermatozoïdes qui allaient féconder un ovule, etc.
En ce qui concernait la semence liquide j'étais déjà au courant par le confesseur de Justine, pour l'érection aussi, pour le reste j'étais un peu au courant, mais les mots techniques ne me firent pas regretter d'être venu, ni la suite non plus.
Il fallait maintenant découvrir et comprendre l'anatomie des filles, alors il se tourna vers Monique et sans qu'elle s'y oppose, tira doucement le drap. Il l’aida à ôter sa chemise de nuit découvrant une poitrine allongée, en forme de poire ferme, aux tétons érigés et auréolés d'un large cercle brunâtre. Un grain de beauté sous une auréole a attiré ma curiosité. Non, ce n'était pas une mouche.
Je fus intrigué par la forme de ses seins très différents de ceux des demoiselles avec lesquelles je m'endormais. Les leurs étaient ronds et mous, les tétons petits, ils pendaient lourdement de chaque côté du corps, c'étaient mes coussins. L'une d'entre elles m'en faisait téter un de temps en temps, sans doute pour son plaisir puisque le téton durcissait rapidement. J'en garde le souvenir. Monique le savait par mes récits nocturnes qui n'étaient pas complètement innocents.
Cette nouvelle morphologie de la femme était une découverte intéressante et stimulante. L'utilité des seins fut donc traduite par la nécessité de l'allaitement du bébé.
Puis le drap descendit jusqu'à découvrir un mont de vénus frisé, blond lui aussi. Mon émotion monta d’un cran et celle de Michel le transforma en porte drapeau. Cette blondeur était nouvelle, puisque mes copines du noisetier étaient brunes. L’une des deux avait déjà du duvet noir. Plus tard, comme tous les hommes, je ne me posais plus la question lorsqu’une femme était blonde avec le pubis noir. La magie des teintures passait par là.
Monique se tenait avec les cuisses serrées. Je découvrais alors que les femmes avaient aussi des poils de la même couleur que les cheveux. Les demoiselles d'antan gardaient leur culotte au lit et les filles de mon âge étaient encore presque imberbes. L’aspect frisé à cet endroit était donc une découverte. Monique avait une taille étroite et les hanches dodues. Ce corps était agréable à regarder.
Je commençais à avoir quelques poils encore duveteux et n'avais donc pas été surpris par la touffe brune de Michel qui demanda à Monique d'écarter les cuisses pour m'apprendre la différence qui existait entre les sexes. Je devais bien comprendre que celui des filles était fait pour compléter celui des garçons et qu’il fallait féconder l'ovule tout au fond. Le sexe d'une fille était fait pour recevoir celui du garçon.
Michel recula un peu la toiture de la lampe de chevet et Monique fit pivoter légèrement son corps pour que l’éclairage me permette de bien observer. Ce que je fis, la gorge sèche et la respiration courte.
Monique écarta ses cuisses charnues, pour me révéler son entrejambes. Elle s'exécuta presque sans hésitation et je découvris ce que je connaissais déjà. Cependant il y avait tout de même une différence insolite pour moi. Le sexe des filles de mon âge présentait un aspect presque identique quant à la taille des lèvres charnues, mais celui de Monique enserrait deux autres lèvres plates, de couleur brunâtres, qui étaient plus longues et semblaient molles.
Michel continuait ses explications tout en écartant ces deux lèvres intérieures qui firent apparaître le méat rose de ce qu'il a appelé le vagin. Il était donc clair que le sexe du garçon pénètre dans le vagin pour y déposer sa semence. Je comprenais tout. Allaient-ils me faire une démonstration ?
Mon excitation était à son comble et à mon grand étonnement, toujours assis au pied du lit, mais de biais pour mieux voir, après quelques contractions mon sexe laissa échapper une petite quantité de liquide transparent qui alla s'étaler sur le drap à une vingtaine de centimètres.
Ils n'en semblèrent pas autrement surpris et en sourirent. Je venais de jouir pour la première fois de ma vie.
J'appris donc que c'était cette semence qui fécondait l'ovule. Michel me demanda si c'était la première fois que cela m'arrivait, je lui fis oui du menton. Maintenant il est tard, tu vas retourner te coucher en silence et demain soir nous t'apprendrons autre chose concernant ce qui vient de t'arriver.
Après avoir remis nos pyjamas, Monique m'embrassa sur les joues et Michel me raccompagna jusqu'à mon lit, en me conseillant de bien dormir. Je m’endormais donc la tête bouillonnante de curiosités futures.
Avaient-ils conscience qu’à mon âge (onze ans), ils pouvaient faire de moi un apprenti pervers en puissance, un détraqué ?
Je ne crois pas avoir été pervers, ni jeune ni maintenant. J’ai toujours aimé les plaisirs qui étaient à ma portée, sans doute comme tout le monde. Ceux qui étaient partagés, désirés et acceptés, étant les meilleurs.
Le lendemain était le dernier jour avant le premier départ. C'était la fin des vacances. Les séparations étaient compensées par les promesses de longues lettres en souvenir des jeux et des amitiés partagés.
Mes voisins de chambrée eurent des difficultés à s'endormir, excités par le départ de ceux qui partaient le lendemain. J’avais hâte qu’ils se taisent et trouvent le sommeil.
Il avait été prévu que j'aille rejoindre les monos, une fois tout le monde endormi. Ce que je fis, en grattant trois fois doucement à la porte de Monique, comme prévu.
C'est Monique qui vint ouvrir. Elle était seule. Michel retenu ailleurs viendrait plus tard, il avait sans doute une autre monitrice à consoler. Monique s'était légèrement maquillée les yeux et avait gardé sa culotte et un lainage sur les épaules. Après m'avoir demandé si personne ne m'avait vu venir, elle s'assura de savoir si j'étais content d'être revenu ce soir.
Michel lui avait conseillé de commencer " l'éducation " sans lui. Je fus rassuré sur ce point. La toiture de journal était toujours sur la lampe et la couverture fut remise contre la porte. Le loquet fut tiré. J'allais apprendre que l'union d'un homme et d'une femme n'était pas seulement pour faire des enfants, mais aussi que cela pouvait être un plaisir pour les deux.
Se souvenant de ce qui m'était arrivé la veille, elle m'a demandé si j'avais ressenti du plaisir. J'ai avoué que ce n'était pas désagréable, bien que très troublant. M’apprenant que cela pouvait être provoqué aussi bien chez l'homme que chez la femme, elle me proposa de m'apprendre les principales techniques en commençant par elle.
Son lainage fut jeté sur le lit. Sa poitrine arrogante, en forme de poire captivait mon regard. J’étais fasciné par la féminité de cette femme qui m’offrait la vision de son corps, sans que j’intervienne, sans que je demande quoique ce soit. J’en avais rêvé la nuit précédente et ce rêve se réalisait.
Elle se plaça sur le dos en travers du lit, ôta sa culotte et écarta les cuisses, les fesses au bord du lit. Il fallait que je me mette à genoux devant elle, en me baissant un peu j'avais le visage à la bonne hauteur.
Je suivais ses ordres, envoûté, comme ensorcelé.
Je m'étonne encore aujourd'hui de son attitude vis à vis de moi et de ma soumission face à cette jeune femme qui s’offrait. J'étais fiévreux, hypnotisé.
Elle s'ouvrit des mains et m'enseigna les caresses à lui faire là où elle le souhaitait. Ce sexe sentait bon, il était doux et chaud. Je ne me lassais pas de l’embrasser et comme cela ne suffisait pas, studieux à ses enseignements, ma langue se mit à débarbouiller avec une fougue grandissante cette chair nouvelle, tendre, chaude et déjà humide.
Au moment où elle se mit un doigt au sommet des lèvres, elle me pria d'accélérer les mouvements tournants de la langue et me déversa, à moitié dans la bouche et sur la veste du pyjama, une jouissance chaude en un jet prolongé et salé. Loin d'en être dégoûté, j'ai tenté de tout avaler.
Ce ventre salé sentait bon son plaisir. J'allais de découvertes en découvertes. Bien plus tard, je fus étonné de constater que peu de femmes jouissaient ainsi, avec une éjaculation violente et prolongée, comme un homme.
Remise momentanément de ses émotions, Monique me fit mettre à sa place et prit la mienne. Sa bouche ne me prit pas, elle m'embrassait les cuisses et le ventre, mais ses mains me masturbèrent comme les caresses demandées par le missionnaire.
Je ne savais plus quoi regarder entre ses yeux qui ne quittaient pas mon regard, ses mains, ses seins en poire qui frôlaient mes cuisses. J'avais son goût salé encore dans la bouche.
Quand elle comprit qu'elle gagnerait la partie, elle se redressa, rapprocha ses seins d'une main et se les inonda avec le peu que j'étais capable de produire à onze ans. Puis elle se badigeonna la poitrine de cette substance juvénile en me regardant fixement, le visage grave, les yeux troubles.
J'ai encore envie de caresses me dit-elle, mais cette fois sur toi. Tu veux bien ? Je lui fis un signe affirmatif de la tête. J’étais à son service, tout dévoué, son esclave. Je ne vivais pas, je rêvais, mort de trouille et d’espoir d'une suite inavouable.
Je devais rester dans la même position. Elle vint s'accroupir sur ma bouche. Ma langue devait suivre ses désirs quant aux emplacements et cadences. Son bassin bougeait, une main appuyée contre le mur et l’autre qui sentait la cigarette, la caressait juste au-dessus de ma langue.
Après un long moment, comme elle avait encore des réserves elle se vida une seconde fois, me serrant la tête entre ses cuisses, en émettant un léger pet qui eut le bon goût de ne pas atteindre mes narines.
Je rêvais de bonheur, dans un autre monde. Je me sentais adulte et heureux de vivre. J’avais pris vingt ans en quelques quarts d’heure.
Je sus donc qu'elle préférait l'amour ainsi. Donner et recevoir sans pénétration, autre que la langue et un doigt. Elle me laissa lui caresser les seins et les lui embrasser avec l’empressement et les maladresses de ma jeunesse. Elle sembla y être sensible bien que fatiguée, m'avouant s'être déjà caressée en attendant que je vienne.
J’appris qu’elle refusait à Michel de la pénétrer. Il était allé tenter sa chance ailleurs. J'ai voulu m'endormir auprès d'elle, mais elle a refusé, c'était trop dangereux.
Je retournais donc silencieusement dans mon lit, avec un goût de sel sur les lèvres et des souvenirs délicats. Depuis, j’ai toujours préféré la charcuterie aux gâteaux.
Si ma mère avait su ... ! Encore aujourd’hui, je suis persuadé que ma mère n’a jamais connu une jouissance identique à celle de Monique. Je suppose que mon père ne serait pas allé se ressourcer ailleurs.
Plus tard, en pension, il m’arrivait de ne parvenir à m’endormir qu’avec le souvenir jouissif que Monique m’avait enseigné. C’était mon somnifère secret. L'évocation de sa saveur me menait rapidement à la béatitude escomptée.
Les fins de colonies étaient toujours des moments tristes. Les amitiés, même les amourettes se soldaient par les incontournables chants larmoyants de "ce n'est qu'un au revoir mes frères "... Les cars partaient chargés des adresses de copinages enfouies dans les valises. Les mains sales, de ceux qui ne partaient que le lendemain, essuyaient des yeux humides et s'agitaient comme des essuie-glaces.
Les échanges de lettres étaient rares et inutiles, la vie de chacun reprenait son cours. La préparation de la nouvelle rentrée scolaire effaçait les souvenirs d'été, les odeurs de classe remplaçaient les senteurs d'herbes sèches et les claquements de règle sur le bureau des profs remplaçaient les interjections criardes des hirondelles.
Monique m'avait laissé son nom et son adresse à Paris. Les deux étaient faux, je ne l'ai jamais revue !
Pour elle je n'étais pas " Giggi l'homme au roseau ", ma jeunesse me rendait dangereux à ses yeux. Ses copines devaient l’attendre. Comme le démontre si bien Dino, elle avait d’autres chats à fouetter.
A cette époque les rentrées scolaires étaient presque banales. Nous avions le cartable de l'année précédente, ou celui d'un aîné, rafistolé par le cordonnier. Pas l’aîné, le cartable. Les cartables étaient solides, fabriqués en France avec du cuir de chez cuir. Ils provenaient de vaches qui avaient affronté la bise et ne mangeaient que de l'herbe verte et le foin séché au soleil, loin des villes et de leurs pollutions.
Ces vaches-là, devraient avoir droit à une statue en mémoire aux services rendus. Après avoir bien souvent tiré le soc, remorqué les récoltes, elles devaient produire des veaux et on leur tirait le lait. En guise de remerciements, à l’âge d’une retraite méritée, elles étaient abattues pour récupérer la viande, retrouvée chez le boucher et le cuir dans les cartables. Si elles avaient su, elles se seraient sauvées en Inde, là bas on les vénère. Elles broutent ce qu'elles peuvent et bousent où elles veulent. Les petits hindous ne devaient pas avoir de cartable en cuir. Avaient-ils même des écoles ?
Il n'y avait pas de média comme aujourd'hui pour filmer les larmes des rentrées scolaires et les parents ramollis n'avaient pas encore droit à une aide psychologique. De toute façon il n'y avait pas encore de télévision. Elle était inventée depuis longtemps, mais elle n'est véritablement apparue au public que plus tard, en noir et blanc, dans les années cinquante.
Avant les années soixante, un de mes oncles en avait une. C'était un meuble en bois qui me paraissait immense, l'écran était petit et bombé. Par l'arrière on apercevait des lampes impressionnantes, cette machine sentait la poussière chaude et l'encaustique que ma tante y mettait. Mon oncle lui avait interdit de toucher l'intérieur du monstre de technologie que c'était à l'époque. La poussière devait y rester et la chaleur des lampes diffusait une odeur de pain grillé.
Les temps changent grâce à quelques Bac plus, moins ânes que certains de leurs cons frères, les mentalités évoluent aussi. Tout le monde s'adapte et je ne suis pas le dernier. La radio et la télévision devraient être, un moyen d'information, de formation et de distraction saine. Il faut savoir trier ce qui est à voir et zapper ce qui vole au ras des pâquerettes.
Les émissions pour débiles ne manquent pas, mais la plupart des parents d'aujourd'hui laissent les jeunes faire ce qu'ils veulent donc regarder ce qui les attire . Pendant ce temps là, ils estiment avoir la paix et se donnent bonne conscience.
Aujourd’hui, à défaut de savoir leurs leçons, les jeunes connaissent par chœur le contenu des CD de leurs idoles. Ces nouveaux dieux éphémères, souvent criards ou aphones. Comment nous vivions il y a cinquante ans leur importe peu, ce qui peut se comprendre. Pour eux c’est déjà de l’histoire ancienne. Un monde sans télévision serait impensable aujourd’hui. En mille neuf cent soixante, les chanteurs et chanteuses français, se comptaient sur les doigts des deux mains. Maintenant c’est tout différent. Les vrais chanteurs ne sont que quelques dizaines, pour les autres il faudrait deux trains à bestiaux pour faire entrer tous ces braillards, qui gesticulent en secouant des bras se terminant par des doigts mimant des cornes d’escargots. Ils ne chantent pas, ils râpent du gruyère trop sec.
Ils se ressemblent tous, ont le même faciès, les mêmes gestes, la même cagoule. Je ne suis raciste qu’envers les cons. Pas envers les couleurs de peaux, ni envers le talent, quand ils en ont.
Si le mélange des races est salutaire pour la sauvegarde de l’humanité, le mélange des cultures n’est pas toujours une réussite. Les idéologies extrémistes sont rarement compatibles avec d’autres, parce que ces cultures imposent leurs croyances, méprisant celles des autres. C'est cela qui est intolérable. Les racistes ne sont pas toujours ceux que l'on croit.
Maintenant les filles naissent dans un car à hoquets et les garçons dans une console de jeux. Ou inversement. Les roses et les choux sont détrônés et les cigognes sont en arrêt de travail pour cause de grippe aviaire.
Si on demande aux jeunes d’aujourd’hui qui était De Gaulle, ils répondront que c'était une vieille marque de cannes à pêche et Pompidou un fabricant de tuyaux dans le beau bourg de Paris.
Je fais donc partie de la génération de ceux qui ont vécu pendant les découvertes technologiques mises au point et améliorées par des Bac plus qui bossent et ne sont pas toujours payés pour des prunes. Tous les Bac plus ne sont pas des cons, contrairement au reflet que certains d’entre eux me donnent.
Saint Sicnarf